dimanche 14 mai 2017

Septembre 44, une lettre venue d'Allemagne...

C'est le début de l'automne dans le petit lieu-dit de Felouzes à La Celle-Condé, tout prêt de Lignières en Berry et de Chateauneuf sur Cher.
L'oncle Alexandre, alors âgé de 57 ans, et sa femme Marie-Louise reçoivent une lettre provenant d'Allemagne...
Pourquoi d'Allemagne?

Alexandre et Marie-Louise ont un seul enfant, un fils, Jean-André, né à La Celle-Condé le 20 septembre 1912.
Même si la famille Bonnin était une grande fratrie, 7 enfants, seuls Marguerite, mon arrière grand-mère, alias Guiguite, et son frère Alexandre, ont eu des enfants.
Ainsi, ma grand-mère, Anne-Marie, n'avait que ce cousin du côté de sa mère.
Je ne sais pas grand chose de Jean André : son métier? Sa vie?...
Peut-être cet article sera l'occasion d'en savoir plus...

Jean a participé à la 2ème guerre mondiale et fut envoyé en camp de travail.
Était-ce le STO (service travail obligatoire) ou fut-il prisonnier ? Je les découvrirai un peu plus tard.

Ce jeune homme eut l'occasion d'envoyer une photo carte postale de son camp de travail à mes arrières grands-parents qui était alors Chaussée de Chappe à Bourges:
Il est à droite sur la photo et se trouve sûrement avec un autre "prisonnier".
Y est inscrit au verso de cette carte:
"Bonnin Jean 37.290 Stalag VI A "
Le stalag disposait même d'un tampon.
Si on fait rapidement une recherche sur Internet , on y apprend que :
"Le Stalag VI/A est un camp de prisonniers allemand, dit « Stalag » (pour Stammlager) de la Seconde Guerre mondiale. Il était situé à Hemer, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie".

Jean était donc bien prisonnier.
Il y avait peu de français a priori dans ce camp et les conditions de vie étaient atroces avec énormément de maladies.

Le document ici-bas est arrivé jusqu'à moi et est une preuve précieuse de cette époque, qui fait froid dans le dos: un passeport allemand pour prisonnier avec le symbole que nous connaissons tous pour de tristes raisons.

Cette dernière photo est flagrante : elle montre bien l'état de santé de Jean, complètement amaigri et semblant malade.
Et pour cause!
Jean était détenu à Hattingen dans la région industrielle de La Ruhr.
Le 17 septembre 1944, est écrite une lettre d'un codétenu de Jean, Jean Weiss, "homme de confiance du camp":


"Monsieur,
J'ai le triste devoir de vous entretenir de votre fils, notre camarade Bonnin Jean, décédé le 17.9.1944 à l'hôpital de Hattingen où il était en traitement depuis le 28.6.1944.
Avant son hospitalisation il avait été à plusieurs reprises consulter le docteur Rushe (de Hattingen) médecin de l'usine (Gemeinshaftswerk) où Jean travaillait, et celui-ci lui accordait chaque fois 2 ou 3 jours de repos.
Au mois d'avril de cette année atteint de la grippe il reste environ un mois sans travailler dont une dizaine de jours au lit.
Au cours de cet arrêt, le médecin de la caisse de maladie ordonne une radiographie et une prise de sang et à la suite de ces deux résultats lui fait reprendre le travail.
Quelques jours après, se plaignant du côté gauche, il retourne au docteur, à la suite de cette consultation, le médecin lui dit de revenir le voir si ça n'allait pas; 3 ou 4 jours plus tard ayant mal à l'oreille gauche le docteur l'envoie au spécialiste. Celui-ci le soigne, lui dit que ce n'était rien, que cela provenait de sa grippe.
Il reprend son travail à nouveau, mais continuant à se plaindre du côté le médecin le fait entrer à l'hôpital de Hattingen le 28.6.1944.
Au début de son admission son état reste stationnaire; il avait encore de l'appétit et un jeune médecin français le visite et me dit que la maladie serait longue.
Puis d'un seul coup son état s'aggrave, il ne mange plus, sa respiration qui devient extrêmement penible le fatigue terriblement, deux ponctions lui sont faites, cela le soulage un peu, la respiration tout en restant très difficile s'améliore, mais dès ce moment, à part quelques fruits et compotes il ne mange plus, son état empire chaque jour et m'inquiète un peu plus à chacune de mes visites."

"Je fais une démarche auprès de la délégation française de Bochum (Wiemelhauser Strasse 38-42) qui s'occupe des travailleurs français en Allemagne pour le faire réformer afin qu'il rentre en France. Étant prisonnier transformé les formalités sont plus compliquées que pour un prisonnier ou un civil car il faut que les deux administrations (civiles et militaires) soient d'accord. Les démarches étaient en cours, le résultat devait être donné apres demain mardi 19, mais la mort l'a pris plus tôt.
Aujourd'hui avec mes camarades Robin Jacques (interprète) demeurant à Colombes 6 avenue Jean Jaurès et Bruneau Lucien (vice-président de l'amicale) menuisier à Paulnay (Indre) nous sommes allés à l'hôpital, la sœur et les infirmières qui le soignaient ont déclaré que votre fils est décédé des suites de la tuberculose intestinale ; nous avons retiré ses affaires et les avons jointes à celles qu'il avait ici.
Ses affaires seront envoyées à la :
"Franzosisches Zentralauslieferungslager
Grüner Jäger 264
Über Lüneburg"
Ost honnover
Qui est chargée , vu les évènements de centraliser les effets des P.G.T. et civils décédés.
Parmi l'inventaire de ses affaires se trouvaient des pâtes alimentaires et 8 paquets de cigarettes, en rapport avec les circonstances nous avons décidé d'en faire bénéficier les camarades du camp. Les pâtes sont versées à l'ordinaire, quant aux cigarettes elles ont été tirées au sort, le produit du tirage a été de 320,00 mark qui joint à une somme de 200,00 mark, collectée à son attention plus 148,50 mark, trouvés sur lui, plus 42,00 mark de la caisse de maladie( pour son séjour à l'hôpital) fait un total de 710,50 Mark qui seront confiés à la Délégation Française de Bochum pour vous être adressée.
Les circonstances actuelles nous obligent à faire toutes ces choses rapidement.
Jean est regretté sincèrement par tous ses camarades car il était dévoué pour la collectivité.
Mon camarade Bruneau vous remettra dès qu'il rentrera en France: sa montre bracelet, son stylo, deux portefeuilles, un canif , son porte-monnaie qui contenait 104 francs 55 d'argent français. Je compte moi-même si tout va bien vous rendre visite à mon retour en France.
Les obsèques auront lieu le mercredi 20 à 15H. 
Dès que j'aurai de nouveaux détails je les ajouterai à ceux-ci.
Je termine pour aujourd'hui en vous adressant Cher Monsieur les sincères condoléances de tous ses camarades et les miennes.
Weiss Jean, homme de confiance."

Jean avait 32 ans.
Il était nécessaire de lui rendre hommage avec cet article.

Bénéficie t'il toujours d'une sépulture en Allemagne ou a t'il été ramené en France...?
D'après un rapport de l'armée américaine, les conditions de vie dans le camp étaient atroces. L'hôpital abritait 9 000 patients, souffrant du typhus, de pneumonie, de fièvre pourprée, de tuberculose et de dysenterie. Il y avait une moyenne de 100 à 150 décès par jour et des corps gisaient sans sépulture. Les prisonniers étaient en haillons, le corps couvert de poux. Les installations sanitaires étaient à la fois sales et très insuffisantes. La situation alimentaire était cependant ce qu'il y avait de pire. Aucune nourriture n'avait été fournie au cours des quatre jours précédant l'arrivée des Américains. Auparavant, les prisonniers avaient vécu de soupe d'orge (un bol par jour pour les Russes, deux bols par les autres nationalités) et une miche de pain pour dix hommes. Les Russes étaient tous atteints de malnutrition. Les Américains, dont la plupart avaient été capturés peu de temps auparavant, étaient en relativement bon état.



dimanche 4 décembre 2016

Prisonnier en Saxe pendant 4 ans #1GM #Altengrabow

Le prisonnier en question est mon arrière grand-père, Désiré TROTEREAU, plus connu sous le prénom d'Henri.

Mon grand-père me parlait peu de son père, avec qui il ne semblait pas avoir de relations proches.
A l'entendre, son père n'était pas décrit comme quelqu'un de chaleureux.
Mais il s'agit là d'un avis, qui est loin d'être objectif, comme toujours quand on parle de la famille.

Comme pour les autres arrières grands-pères, je n'ai pas eu la chance de le connaître, au contraire de 3 de mes arrières grand-mères.

De ce Désiré, je ne savais pas grand chose et avait qu'une photo de lui pendant le mariage de mes grands-parents.
J'en ai découvert deux autres, il y a peu, dans l'album photo de ma marraine.

La première lors de son mariage en 1913:

La deuxième, lors de son arrivée au 89ème régiment en 1914 :


De sa fiche matricule, j'apprends les éléments suivants:

- Arrivé au corps le 3/08/1914.
- Parti en campagne le 12/09/1914
- Fait prisonnier à Varennes le 22 septembre 1914
- Interné à Alterngrabow - Avis du 12 avril 1915
- Rapatrié le 17/12/18 par Annecy
- Arrivé au D25 à Orléans le 22/12/18
Source: Archives départementales Loir-et-Cher  - lien d'accès au document 
C'est à ce moment, l'année dernière, que j'apprends que mon arrière grand-père fût en captivité du 23 septembre 1914 au 17 décembre 1918, c'est-dire pendant plus de 4 ans, et est revenu vers les siens plus d'un mois après l'armistice.

Altengrabow ou Altengrabau , camp de prisonniers 


Il est situé à Dornitz, près de Magdebourg, en Saxe, à environ 90 km de Berlin.

En allant sur Wikipédia, je découvre rapidement le nom de Maurice Chevalier associé à ce camp.
Il y fut en en effet prisonnier de 1914 à 1916 après avoir été blessé sur le front.

D'après Wikipédia (à vérifier), ce camp contenait des milliers de prisonniers venant des quatre coins de l'Europe. Une vie marginale se crée dans le camp, gérée en grande partie par les prisonniers eux-mêmes. Ils assurent la bonne distribution de la nourriture, ont leurs propres infirmiers et formes de divertissement. Une scène est improvisée sur une petite estrade pour déjouer l'ennui du camp, sur laquelle se produit Maurice mais également d'autres détenus artistes. Maurice, ayant été vu sur scène en France par des infirmiers français du camp, est formé par ceux-ci et devient "pharmacien" du camp Maurice s'occupe ainsi des cas bénins dans les baraques du camp et des malades à l'infirmerie. 
Durant l'été 1915, une épidémie de fièvre typhoïde ébranle le camp et l'infirmerie est débordée. Durant cette période, Maurice est au chevet de nombreux malades.

Mon aïeul Désiré l'a t-il connu? A t-il été soigné par Maurice?

D'une autre source (L'encrier du Poilu), j'apprends que ce camp est celui qui, dès 1916, a "accueilli" des prisonniers de confession israélite. L'étoile de David est d'ailleurs imprimée sur les courriers à destination des familles.
Les prisonniers étaient des militaires (environ 12 000 Français, Russes, Anglais et Belges), mais on trouvait aussi des civils (médecins, sanitaires, écclésiastiques).Dans ce camp existait un journal "Les âmes libres" (jusqu'en 1915) puis dès 1916 "L'exilé".


Une carte postale colorisée est d'ailleurs disponible sur ce site qui permet de voir à quoi ressemblait le camp où vécut mon arrière grand-père pendant 4 ans.

Lien vers la source

Dans l'extrait d'un livre mis en ligne, j'en apprends encore plus sur la vie dans ce camp de prisonniers et sur ce qu'a subit Désiré!
Source : 
"En captivité. la vie que nous y menons" ; Lettres et récits de soldats français, belges et anglais, prisonniers en Allemagne by Montvert, J., pseud.
Published 1915Topics World War, 1914-1918
Mon grand-père a t-il été au courant de cet épisode douloureux dans la vie de son père? Je ne le saurais pas.
Il était très discret sur la famille et son histoire, même si mes recherches l'amenaient de plus en plus à en parler.
En tout cas, les petits-enfants de Désiré ne connaissaient pas ce passage de sa vie.

C'est toujours sur cet épisode, que je reviendrai très bientôt, et sur ce que j'ai découvert récemment.

Et vous, vos aïeux ont-ils été prisonniers pendant la 1ère guerre mondiale?


vendredi 11 novembre 2016

Le 11 novembre, il y a 250 ans, se mariaient les cousins LOISEAU #Sologne #Berry #Saint-Laurent

Saint-Laurent, en Sologne berrichonne, fait partie des lieux de vie de mes aïeux.

C'est dans cette paroisse que le 11 novembre 1766 mes aïeux, Pierre LOISEAU et Blondine LOISEAU se sont mariés devant le mestre vicaire Foucher de Vignoux-sur-Barangeon, assez loquace pour un vicaire berrichon.

Lien vers Gallica

C'est ainsi ce vicaire, de la paroisse voisine, qui a officié ce jour-là et me donne des renseignements sur leur mariage, et pas seulement.

Outre des informations sur les parents, il m'indique :

- les métiers : Pierre est sabotier, son tuteur, cercleur, et le père de Blandine, manoeuvre.
Le cercleur ou cerclier fabrique des cercles ou cerceaux, « brins de bois, [appelés perches], refendus par le milieu et dont on se sert pour relier les cuves, tonneaux, baquets, seaux, etc. ». Les « cercleurs » ou « sercleurs » solognots travaillaient surtout pour approvisionner les tonneliers du vignoble du Val de Loire.
Un témoin est cabaretier. À la différence des taverniers qui ne pouvaient vendre que du vin à emporter, les cabaretiers pouvaient vendre le vin au détail mais aussi donner à manger. 

- que l'époux est mineur. Sous l'Ancien Régime, la majorité s'acquiert à 30 ans!

- Vu qu'il est mineur, Pierre a un tuteur,  François Loiseau, peut-être son oncle.

- Il n'y a pas eu d'opposition ni d'empêchement MAIS il y a un "double" empêchement de consanguinité au 4ème degré. Cela signifie que les époux sont issus d'une même ligne collatérale, c'est à dire qu'ils ont un ancêtre commun, un grand-parent ou arrière grand-parent commun.
Mes  aïeux ont réussi à obtenir une dispense auprès de l'archevêque de Bourges après les fiançailles, une semaine avant le mariage.

- Enfin, le vicaire rappelle le rôle des témoins: à savoir attester de la véracité des informations sur les époux, notamment sur les liens familiaux.

Ci-dessous l'acte de mariage de mes ancêtres avec la transcription.

Bonne lecture.

Et vous, les registres paroissiaux vous délivrent-ils beaucoup d'informations sur vos aïeux?


pages 111 et 112 Saint-Laurent 1742 1792 3E 319

L’an mil sept cent soixante et sux le onzième jour du mois de novembre
après la publication des bans du futur mariage entre pierre loiseau
garçon sabotier fils mineur de défunts olivier loiseau et perpetue
hervier procédant sous l’autorité de françois loiseau cercleur son
tuteur l’un et l’autre de cette paroisse d’une part et blandine loiseau
fille de jean loiseau manoeuvre et de défunte perpetue loiseau ses pere
et mere de la paroisse de vignoux sur barajon d’autre part, que moi
mestre vicaire de vignou sur barajon certifie avoir été faite tant
en cette église qu’en celle de vignou au prones des messes paroissiales
pendant trois dimanches consecutifs savoir le cinq, le douze, et le
dixneufiême jour du mois d’octobre de la présente année sans qu’ils
se soit trouvé aucune opposition ou empêchement sinon que
double empêchement de consanguinité au quatriême degré
dont les susdites partiesseront pouvu de dispense auprès de
monseigneur l’archevêque de bourges après les fiançailles celébrées
le neufiême jour du présent mois, je prestre vicaire de vignou sur
pages 111 et 112 Saint-Laurent 1742 1792 3E 319

baranjon soussigné, du consentement de messieurs les curés de vignou et de cette paroisse, vue la ditte dispense donnée à Bourges le quatriême jour
de novembre, ainsi signé ….vicaire général et contresigné gaulmier
ai réçu le mutuel consentement de mariage des susdittes parties et leur 
ai donné la bénédiction nuptiale avec les céremoniess prescrites par la
sainte église presens et consantans françois loiseau cercleur de cette
paroisse tuteur de l’époux et jean loiseau manoeuvre de la paroisse
de vignou sur baranjon pere de l’épouse, et encore en presence
de george l’archevêque manoeuvre beau frère de l’épouse
guillaume loiseau frère de l’épouse antoine veillât manoeuvre

pages 111 et 112 Saint-Laurent 1742 1792 3E 319
beau frère de l’épouse, tous de la paroisse de vignou sur baranjon
joseph leroi cabaretier dans le bourg de cette paroisse amie de
l’époux témoins lesquels nous ont attesté ce que dessus sur
l’âge le domicile et la qualité des susdittes parties, et ont déclaré
ne savoir signer dece interpelés, hors le tuteur de l’époux qui a
signé avec nous
Loiseau

Foucher vicaire de vignou

mercredi 2 novembre 2016

En 1753, un deux novembre, devant le notaire de Villefranche-sur-Cher

En 1753, le deux novembre, fête des morts mais aussi jour de mon anniversaire, un contrat de mariage se constituait devant le notaire de Villefranche-sur-Cher, actuellement dans le département du Loir-et-Cher.

Début mai, j'ai eu la chance de pouvoir me déplacer aux archives départementales du Loir-et-Cher à Blois et d'avoir pu consulter les archives notariés. J'ai ainsi accédé à certains contrats de mariage qui en disent beaucoup sur nos aïeux.

C'est ainsi que j'ai trouvé le contrat de mariage de mes ancêtres Sylvain DEFAIX et Catherine BROSSE, tous les deux veufs.

Ce contrat de mariage m'apporte des éléments:
- sur la coutume suivie dans ce pays solognot,
- sur la famille,
- sur l'entretien et l'avenir des enfants des premiers lits,
- les biens propres des époux et enfants
- sur l'avenir des époux survivants...

Ce contrat est aussi l'occasion de m'exercer à la paléographie ; exercice qui n'est pas des plus aisés faute d'entraînement depuis des mois: votre bienveillance, amis lecteurs, sera la bienvenue.

Archives départementales du Loir-et-Cher 3E 44 22-24
 Aujourd’huy Vendredy deuxième jour de
novembre mil sept cent cinquante trois heures de
deux heures apres midy est comparu pardevant moy
Estienne Le mignan … au bailliage et chastellenye
de villefranche sur cher et de villedieu president audit
villefranche soussigné et des tesmoings cy apres
nommes. Les personnes de Silvain Defaits journalier
dem. (demeurant) pâsse (paroisse) de lhopital veuf en derniere nopce de deffunts
perpette bondeux d’une part, et Catherine brosse
veuve en premiere nopce de Jean Lombard dêm (demeurant) la pâsse (paroisse)
de lad hopital, Lesquelles parties de ….. Conseil
Consentement et deliberation de leur parents et amis
cy apres nommes ont promis et promettent …
prendre … Epouser par nous l… foy et sacrement de
mariage .. dieu et notre mere la sainte eglise le
consentent et accordent et ous aussy l…que …
des parties et requerera lautre scavoir de la
part dudit futur de Jacques frappier son maitre
et amy Magd. Desfaits sa soeur, Jean, et
Silvain Desfaits ses enfants
Et de la part de la ditte future de Marie Lombard
sa fille, Silvain brosse, son frère, Guillaume
menagé son beau frère a cause de Marthe
Lombard sa femme, Jean Lardier son voisin et amy

Pour estre lesd futurs  …. communs en leurs biens
meubles immeubles acquest conquest et immeubles
qu’ils pourront faire pendant et constant leur vie
futur mariage et comté (communauté) suivant et aud… de la
coutume generale du bailliage de blois et
particulierement de cette ditte chastelleny de ville
franche sur cher, et pour acquerir cette comté de la

Page 2 - Archives départementales du Loir-et-Cher 3E 44 22-24 
part desdits futurs ils ont apporté en concers chacun
en … la somme de quarante cinq livres qui sont
.. leurs beins ainsy quils ont dit laquelle ditte
somme de quarante cinq livres de la part de la ditte
future a esté payée par elle comptan audit futur
en effets mobilliers dont quittance
aura le survivant desdits futurs par preciput et
avant partage scavoir ledit futur ses habits
linges et ustensiles servant a son travail et lad.
future son linge robbes bagues et joyaux et habits
aura encore le survivant des dits futurs par avant
partage la somme de soixante livres ont
payée seulement
qu’il arrive quelques successions ou effets donations
a l’un ou a l’autre desdits futurs elles demeureront
confondues et lad. com.té quand aux meubles seulement
et quand aux immeubles ils demeuront propres
a celluy ou celle qu’ils seront echus ou a leur
heritiers souche en ligne
s’ils vendent quelques heritages ou hamortie rente
a l’un ou a l’autre desdits futurs remplace en sera
fait en a charge de d’autre heritage quy serviront
de pareil et même nature de propre a celluy ou
celle a quy appartenant l’heritage vendus ou rente
hamortie et leremplay n’aurait et le fait  l…
de la dissolution de lad. com.té reprise s’en fera sur
mes biens de laditte com.té s’ils suffisent sinon sur
les propres dudit futur quy demeure affectes et
hypotéqué
et en faveur dudit futur mariage et com.té ledit
futur a doné et donne laditte future …
Douaire….    et qu’elle le

survive de la somme de vongt Livres et avec enfants

Page 3 - Archives départementales du Loir-et-Cher 3E 44 22-24 

Il diminura de moitié aussy a prendre sur les biens
de laditte com.té s’y il suffisent sinon sur les propres
du dit futur quy y demeurent aussy a….et hypotéqué
Dissolution de Com.té arrivant par mort ou
autrement, il sera permis a Lad. future d’accepter
icelle ou d’y renoncer pourquoy faire elle aura le
tems porté par la nouvelle ord.ce et penant lequel
tems elle sera …ses enfants serviteur et domestique
aux depens de lad. com.té et en cas de renonciation elle
reprendra tous ce qu’elle aura apporté en icelle ou y sera
entré a cause d’elle tant par succession donation
qu’autrement avec les avantages a elle cy dessus
accordes le tous franc et quitte de toute debtes quoy
quelle fuse obligée ou condamnée.
Est convenue et accordes entre lesdittes parties futurs
parents et amis cy dessus que marie Lombard fille
mineure de la d. future et dud. deffunt Jean Lombard
son mary sera nourie et entretenue aux despent de lad.
com.té jusqu’à l’aage de quinze ans, et pour cella
elle mangera sous les meubles quy peuvent luy 
revenir de la succession de deffunt ledit jean
lombard son pere, quy se sont trouvés m…a ma
somme de quarante six livres vu sur par estimation
faite verballement entre lesdittes parties et en outre
le revenus des biens immeubles quy peuvent aussy
luy revenir de lad. succession que lesd. futurs s’obligent
d’entretenir en bon père de famille, s’obligent lesdittes
futurs de luy payer lorsqu’elle aura atteint l’aage
de majoritté ou mariée la somme de dix livres
En outre s’obligent lesd futurs de payer à Jean, et 
Silvain desfaits Enfants mineurs dudit futurs et de la

ditte defunte perpette bondeux la somme de dix


livres chacun aussy pour ce quy peut leur revenir de la
succession de deffunte leur ditte mere car ainsy
promettent sobligent renoncent … et passé en la
maison ou demeure laditte future sistuée au
village de La gange auouge p¨sse de lhopital
les jours et an que dessus en presence desdits Jacques
Frappier et Jean Lardier labr. et vig.on de^mtr ditte
pâsse de l’hopital et de jean venel garçon tailleur
de^mt aussy ditte pâsse de l’hopital tesmoings au
requis et appellé quy on avec lesdits parties
futurs parents et amis declares ne scavoir
signer sauf les soussignés de ce enquis lecture faite
suivant l’ord.ce 
frapier

….

Lemeignan 
no*re
Controlle a Romorantin le 9 9bre
1753

dimanche 30 octobre 2016

Z comme vouZêtes d'où M. Couturier? #fondeur #verrier #Oizon #Berry

En 2015, j'avais consacré mon challenge aux femmes de mon arbre, à mes aïeules....à toutes celles qui ne sont pas mentionnées dans les registres notamment.

Parce que j'aime l'égalité, cette année, je consacrerai mon challenge aux hommes et à "mes" pères.
Je veux rendre hommage à tous ces ancêtres qui ont été pères.

Ainsi ce challenge conciliera des hommages à la paternité par le biais de photos, de mots, d'adjectifs pour saluer le papa, le papy, le pépère, l'arrière grand-père que je n'ai pas connu mais dont on m'a souvent parlé.

Il ne manquait plus que la lettre Z pour finir ce challenge AZ. 
Et il n'est jamais trop tard!

Pour le finir, j'évoquerai une "épine" généalogique, à savoir mon questionnement sur l'origine d'un de mes aïeux, Gabriel COUTURIER...

Gabriel est un ancêtre berrichon, et fondeur à la Verrerie dite d'Aubigny sur la commune d'Oizon ; la paroisse d'Aubigny-sur-Nère, cité écossaise, est toute proche.

Les lieux dits « La Verrerie » évoquent une activité répandue dans et autour de l’arrondissement de Sancerre : une des premières, la verrerie d’Oizon (dite aussi d’Aubigny sur Nère, la paroisse), celles de Boucard, Ivoy, Boisbelle, La Chapelotte, Patinges (Torteron), Apremont sur Allier... 

Le lieu-dit La Verrerie d'Aubigny se trouve tout en bas à droite
Carte générale de la France. 009, [Gien/levés 1758]. N°9Lien vers Gallica

Coûteux, le verre était un produit réservé. 
Surpassant nettement les autres verreries de la commune, présentes à Ivoy depuis le XVe siècle la nouvelle « Verrerie d’Ivoy » fut créée par le marquis de Putanges en 1725. En 1788, on relève le nom d’un directeur : François de Borniol de Fourchambault, écuyer.

Ce que je sais sur Gabriel:

Gabriel est l'époux de Madeleine BAUJARD (écrit aussi Bojard, Beaujard...).
Ils ont eu ensemble au moins 4 enfants (à ma connaissance) :

1) Anthoine, également fondeur à la verrerie, s'est marié le 2 juillet 1743 à Oizon avec Anne CHARASSON.
D'après mes recherches, il a eu lui-même au 4 enfants où étaient témoins quelques fois Gabriel et Madeleine :
- Louis, né le 22 juin 1744 à Oizon
- Antoine, né le 3 juillet 1745 à Oizon (Gabriel et Madeleine, ses grands-parents, sont les parrain et marraine) et 
- Pierre, né le 13 novembre 1746 à Oizon.
- Marie, née le 10 janvier 1748, inhumée le 14

2) Mon aïeule, Anne, s'est mariée en 1748 avec Thomas Chevalier à Ivoy-le-Pré (paroisse voisine)

3) Marie, mineure, mariée le 21 novembre 1752 à Brinon avec Pierre Raboin (parents présents)

4) Louis, domestique, marié le 2 juillet 1759 à Brinon (aujourd'hui Brinon-Sur-Sauldre) avec Jeanne THOMAS (parents présents, ainsi que son frère Antoine et son beau-frère, Pierre).

Gabriel est décédé après 1759 et je n'ai pas trouvé son acte de décès.
Quant à Madeleine, elle est décédée à Oizon le 17 octobre 1767.

Voilà l'état de mes recherches, grandement facilitées par le site de dépouillement des archives du Cher, "Registres18.fr".

Ce que je ne trouve pas:


Après avoir regarder minutieusement les archives d'Ivoy et d'Oizon avant 1745, je ne trouve plus de traces de la famille.

Je ne trouve non plus de traces dans les paroisses avoisinantes malgré la "technique de l'escargot".

1) Où sont nés Gabriel et Madeleine?
Les patronymes Couturier et Beaujard se retrouvent à Oizon et dans toutes les communes alentours.
Il y a bien une Madeleine qui est née à Ivoy-le-Pré le 7 janvier 1685, mais est-ce elle?

Quant à Gabriel, je ne trouve rien dans les communes avoisinantes.

2) Je ne trouve ni leur mariage ni les actes de baptêmes de leurs enfants 

3) J'en déduis qu'ils se sont peut-être mariés à La Chapelle d'Angilon ou à Concressault où le dépouillement des registres n'a pas été fait avant 1750 ou 1734.

4) Gabriel s'est-il déplacé avec sa famille pour devenir fondeur et a t-il entraîné toute la famille avec lui?

Cela reste encore un mystère et une épine généalogique pour le moment....


Sources:


http://registres18nord.free.fr/actes/index.php